MegaUpload, RapidShare, MegaVideo : du partage à l’industrialisation [P2PisDead]

Il y a un peu plus de 10 ans, les baladeurs mp3 faisaient timidement leur arrivée, les Personal Computers envahissaient nos salons, internet commençait à prendre de la vitesse et Napster popularisait le P2P.

A cette époque, l’idée était de partager du contenu, certes rarement légalement, mais c’était un échange entre individus peinards devant leurs écrans. La première industrie secouée par le phénomène est celle de la musique. Cette dernière a eu un réflexe d’une intelligence rare, plutôt que de développer une offre légale, avec des prix attractif, elle a inventé les DRM qui faisait en sorte que de payer pour de la musique devenait beaucoup moins pratique/confortable/logique que de la récupérer sur le réseau. Pendant ces 10 ans, on a pu voir que les industries de la musique, du cinéma et depuis peu du Livre n’ont toujours pas compris que si un produit ne se vend pas il y a 2 raisons de base : ça interesse personne ou le prix n’est pas adapté au marché.

Aujourd’hui en 2011, Numerama publie un article sur MegaUpload, RapidShare et MegaVideo où l’on apprend que ces sites reçoivent 21 milliards de visites par an. Et là, c’est à mon avis un peu le drame. Avant ces sites, le P2P faisait théoriquement perdre de l’argent aux Majors, aujourd’hui les sites de direct download génèrent des millions de dollars pour les propriétaires. Si demain j’étais à la tête d’un tel site, je pense que je mettrai moi même les blueray, les enregistrements vidéos, les albums sur ma plateforme car cela constitue son principal intérêt.

Les industries de la « Culture » sont un bel exemple de ce que l’on récolte en voulant résister bêtement au changement et à la révolution numérique. GG les gars !

6 réflexions au sujet de « MegaUpload, RapidShare, MegaVideo : du partage à l’industrialisation [P2PisDead] »

  1. Bien vu Richard!

    Je crois que les internautes ne sont pas fondamentalement malhonnêtes… Ils sont juste fainéants.
    Si acheter un morceau est plus compliqué, plus long que pirater, le choix est vite vu.

    Par contre, iTunes a montré que une bonne offre au beau prix peuvent convertir les gens vers le téléchargement légal.
    Là encore, il a fallu la puissance d’Apple pour convaincre les majors que non, 3,59€ pour un morceau, ce n’est vraiment pas raisonnable.

    Les majors ont essayé de nous mettre la larme à l’oeil avec ses pauvres artistes qui ne gagnent plus d’argent à cause du piratage.
    Moi ce que je vois, c’est que du temps des CDs, les artistes gagnaient 2 à 3% du prix de vente d’un CD. C’est purement scandaleux que d’autres touchent 98% de votre travail.

    Espérons que le web aidera les artistes à toucher une part plus importante, ce qui n’est malheureusement pas encore sûr!

  2. ça c’est du GRAND Richard engagé comme je l’aime 😉

    Eh ouais, les majors n’ont pas voulu s’adapter à l’évolution de la technologie, s’arcboutant sur un concept obsolète et des tarifs prohibitifs, tout en produisant toujours plus (pour gagner plus)…
    Alors certes, le P2P ne résistera pas à la loi Hadopi, mais avant même que son application soit possible, on savait déjà -avec le direct-download- comment contourner les lois et (re)planter les Majors en beauté!

    Comme tu dis, elles n’ont toujours pas compris que toute résistance est futile, qu’il vaut mieux s’adapter, accompagner le mouvement, plutôt que de tenter de le combattre.
    Si la révolution doit arriver un jour, ce sera par Internet!

  3. C’est clair que c’est carrément la merde total.

    D’un côté l’industrie légale qui rame dans la choucroute, qui ne comprend rien de part sa non compétence, de part son ignorance et aussi de part sa lourdeur (en niveau hiérarchique et autre joyeusetés administratives).

    De l’autre, des jeunes qui ont les dents longues et qui n’ont pas de remords à faire du pognon sur tout et n’importe quoi.

    D’un point de vue philosophique, je préfère largement le P2P.
    On partage, on télécharge, c’est communautaire, on a l’impression de faire parti d’une grande famille.
    C’est mon côté opensource qui resort.
    Je trouve que le direct download tel qu’il est actuellement, avec des abonnement prémium est une abomination capitaliste : payer pour pirater.
    Pourquoi ne pas payer tout court pour avoir quelque chose de légal ?
    Certes, ça coute un peu plus cher, mais sans déconner…

    Tiens, on dit toujours à propos des DVD que c’est la merde, qu’on se tape 15 screen à la con, impossible à passer, etc… Et c’est clair que je rale, ça me gave putain quand j’ai ça.
    Ils peuvent pas foutre ces screen que si le DVD est ripé ?
    Bref, l’autre jour, je met un Bluray dans mon lecteur, ça se lance direct, et oh, magie du cinéma : le film commence direct. Pas de bande annonces, pas de notice sur le piratage. Rien. Le film. Encore plus rapide qu’au cinoche.
    Ca, c’est le future !

  4. Entièrement d’accord! Mais il serait grand temps que les Majors (toutes) s’en rendent enfin compte!
    Toutes, parce qu’on parle du disque et du DVD, mais c’est pareil pour les livres 😉

  5. @gerard_jhon : non c’est sûr mais on est pas dans la même exploitation commerciale que celle que fait MU, ils avaient l’espoir de faire du business avec les majors.

    @Jihaisse @EBH @STEF : ce qui est terrible c’est TOUT le monde est d’accord, il existe un prix, il existe des business models qui tiennent la route et oui, les internautes ne sont pas contre les artistes mais juste ils aiment pas être pris pour des cons…

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