Cloud Computing : j’ai testé Shadow [& le cloud gaming ]

A l’annonce de Google de se lancer dans le Cloud Gaming avec Stadia, j’ai immédiatement eu envie de tester le cloud computing pour me faire mon avis sur une promesse du futur : avoir un ordinateur à distance dans le Cloud.

Si vous suivez l’actu tech, vous savez que Stadia est un projet bien réel mais aussi une manœuvre de Google pour signifier à Apple (qui lance Apple Arcade un abonnement à des jeux vidéo bientôt – et pas en streaming) qu’il compte aussi peser dans une industrie qui rapporte plus d’argent que le cinéma depuis 15 ans.

En vrai, ça fait déjà 2 ans que je surveille d’un oeil la startup / scaleup BladeGroup qui fabrique avec amour à Paris le service Shadow. Avec 60 millions d’euros d’innvestissements, 90 salariés et environ 150 000 clients dans le monde, nous évoquons un acteur plus que sérieux dans le monde de la tech.

La promesse de Shadow est la promesse du Cloud Gaming, donc du Cloud computing à son meilleur niveau car il n’y a rien de plus exigeant qu’un joueur PC.

Shadow prend la forme d’un logiciel à installer sur un appareil, le choix est large Windows, MacOS, Linux, Android ou encore iOS

Une fois installé et son login/mot de passe saisis, le soft fait un diagnostic de la connexion à internet pour choisir la quantité adaptée de données à faire transiter pour obtenir une bonne expérience. Cela demande quelques secondes et une fois fait, il est possible d’accéder à la machine distante.

La machine est dans un Data Center quelque part et fait tourner un Windows 10, c’est donc l’OS de Microsoft qui sera votre compagnon de cloud computing. L’avantage ici, c’est que l’on dispose vraiment d’un ordinateur sur lequel il est facile d’installer Steam, Epic Game Store, les launchers de EA, Blizzard ou encore Ubisoft. Pareil si vous voulez tenter un petit Office ou un soft de 3D c’est possible. En vrai, les possibilités sont plus grandes que « juste » jouer.

Quand on parle de jouer, il y a 3 facteurs clés, le catalogue, la latence et les graphismes.

Le catalogue, ça c’est bon.

La latence est un des très gros sujet pour le cloud gaming. Pour faire simple il s’agit du délai entre l’appui sur une touche et la réaction à l’écran, c’est donc un aspect primordial dans l’expérience.

J’ai pu tester au bureau et à la maison, en Wifi, en RJ45 et en 4G. Sans surprise le Wifi du bureau est OUT mais tous les autres modes de connexion m’ont donné la plus grande satisfaction. Ce mois de test aura aussi été celui de ma courte carrière de joueur de Apex Legends qui en bon FPS compétitif était un excellent jeu pour tester le service. Là vraiment, tout repose sur votre connexion, du côté Shadow ça gère avec des ping entre 1ms et 10ms. Pour 99,9% des humains le fait de jouer sur un ordinateur à distance est invisible.

La qualité graphique est un autre facteur important et une des promesses de Shadow est de mettre à disposition de tous ses clients un PC haut de gamme équipé de cartes 3D récentes. Cela permet déjà de jouer à tout (et sur PC c’est pas peu dire) et de jouer dans de bonnes conditions. Ce que l’on reçoit sur son ordi est un flux vidéo qui doit pouvoir monter jusqu’au 4K si vous avez l’écran et la connexion.

Le gros de mes tests ont été fait sur un Macbook Pro 13″ et une Microsoft Surface de 2015 et je n’ai pas été déçu, ni sur Apex, ni sur The Witness (qui était offert par Epic le mois dernier).

Vous l’avez compris l’autre avantage du Cloud Computing est aussi de donner une autre vie à certaines machines. Par exemple, ma MS Surface est vraiment faiblarde et ne dispose pas de carte graphique, avec Shadow, elle devient un vrai PC gamer portable qui connecté à la TV devient un setup super intéressant.

Dernier avantage de taille de Shadow, la consommation de ressources (et d’électricité) du système. Comme il s’agit d’un flux vidéo, la machine hôte n’a presque rien à faire et cela permet d’avoir (en plus des économies) un autonomie super intéressante sur les laptops/tablettes.

Enfin, avant de conclure, un petit passage par la case argent. Shadow coute 29,95€/mois. Pour ce prix vous avez votre windows à distance avec la licence. A charge pour vous d’acheter vos jeux.

Shadow s’engage à toujours fournir un PC récent avec une carte graphique à niveau. De fait, si vous faites le calcul, pour acheter ce fameux PC + renouveler la carte régulièrement, Shadow est absolument imbattable. A cela s’ajoute les économies d’électricité.

Sur le plan financier, il me semble que Shadow est vraiment la meilleur chose à faire pour un joueur régulier qui n’a pas envie de se prendre la tête – et capable de se séparer de la notion de propriété.

Ma conclusion est sans appel. Si vous êtes joueur sur PC et que vous avez une bonne connexion à internet, foncez. A noter qu’il y a une offre de 30 jours sans engagement pour tester ça dans les conditions réelles.

La communication avec la communauté est aussi un des points forts de Shadow, entre la newsletter, les réseaux sociaux et les initiatives avec les créateurs de contenus, ils sont forts et vraiment sympathiques.

Bravo à toute la team Shadow et merci pour m’avoir permis de revenir jouer sur PC ce que j’avais abandonné il y a bien trop longtemps.

C’est par là https://shadow.tech/

La reconnaissance faciale, notre nouveau quotidien ? [Archipel]

Depuis janvier 2019, 8000 taxis japonais sont équipés d’un système innovant de reconnaissance faciale.

Développé par la société DeNA ce système n’est pas vraiment là pour offrir de nouveaux services ou le programme de fidélité du futur… Non, le but est mieux cibler la publicité diffusée sur l’écran afin de garantir « une meilleure expérience » aux passagers.

Vous l’avez compris l’utilisation de la reconnaissance faciale a vraiment pour objectif d’augmenter la précision du ciblage publicitaire et donc d’augmenter le coût de cette dernière pour les annonceurs.

Comme l’excellent article de Usbek et Rica l’indique ce n’est pas un coup d’essai pour la société qui avait déjà offert des trajets gratuits en taxi, trajets sponsorisés par une marque de nouilles et qui a construit son business depuis 20 ans sur les nouveaux modèles publicitaires.

Bien sûr DeNA assure que la protection de la vie privée est une priorité et qu’aucune donnée n’est stockée de leur côté.

La semaine dernière sur Twitter, une américaine était étonnée d’avoir pu passer le contrôle à l’aéroport après être passé devant une caméra et de n’avoir jamais accepté explicitement l’utilisation de la biométrie auprès de la compagnie aérienne. Jetblue a répondu que les infos biométrique venaient de la sécurité du territoire et qu’il fallait donc rester cool et avoir confiance.

Du côté de la Chine, l’expérimentation de la reconnaissance faciale a aussi connu une avancée significative ces dernières semaines car il est déjà possible de « payer » le métro de manière fluide, juste en passant devant la caméra. Si du point de vue consommateur c’est intéressant parce que cela offre la fameuse « Expérience » d’un point de vue de la liberté ça fait totalement peur.

Dans notre quotidien nos smartphones, Apple en tête avec avec FaceID ont convaincu des millions d’utilisateurs du confort apporté par la reconnaissance faciale. Plus de mot de passe à retenir, juste un petit sourire à la caméra.

De manière très empirique, j’ai l’impression qu’autour de moi, les gens étaient sceptiques sur le bénéfice apporté par la reconnaissance faciale mais qu’une fois adoptée le retour en arrière est « moins évident ».

Apple, comme nos taxis japonais, jure que les données sont là encore anonymes. Par contre la position n’est pas toujours aussi claire, hein Facebook…

En parlant des GAFAM, les algorithmes sont d’ailleurs nourris depuis des années, Facebook, Google et Apple (entre autres) ont passé les 15 dernières années à regarder les milliards de photos que nous produisons pour être prêt aujourd’hui.

Comme le pointait Sylvain dans ce tweet, nous sommes en train de voir (ré)apparaitre des formes de militantisme et de réactions au tracking et du coup des méthodes de camouflage. Un nouveau jeu du chat et de la souris avec les machines…

Comme souvent avec les technologies, c’est l’usage qui en fait basculer ou pas du côté obscur de la Force.

Mais au delà du problème moral, j’ai l’impression que la reconnaissance faciale est une des technologies les plus « magiques » et de fait elle est adoptée très rapidement pour tout le monde. Quand le ratio bénéfice/effort est tellement bas je ne vois pas comment nous pourrions assister à un ralentissement de son utilisation.

illustrations : Paste Magazine

Un vélo électrique design, est ce possible ?

Le vélo électrique est clairement devenu le 3ème moyen de transport le plus cool. Le 1er étant le skate électrique et le deuxième HyperLoop bien sûr.

Bref.

Parfois, je me lancerai bien mais il y a plusieurs facteurs qui me ralentissent :

  • le design : un vélo oui, mais qu’il soit vraiment cool et que le style correspondent aux performances
  • le prix : là, clairement, avoir un joli vélo avec de la technologie bien intégré c’est cher.
  • La dispo : certains modèles cools sont encore des promesses

Du coup, pour l’instant j’en ai sélectionné 3 :

VanMoof : La marque hollandaise avait déjà marqué les esprits avec ses vélos et l’arrivée des modèles électriques est tout aussi réussie. Déjà le vélo est super beau, il a du caractère et toute la partie électronique est intégrée avec discrétion. J’aime particulièrement le bouton « boost » qui propose un bonus d’accélération pendant une dizaine de secondes. Les performances sont là avec 19kg et 100km d’autonomie.

Le vélo offre aussi un système d’alarme qui s’active via l’application et il est possible d’avoir une garantie contre le vol. (remplacement sous 15 jours si les « hunters » ne le retrouve pas)

Original, une offre de location devrait arriver dans l’année mais aucun prix n’a été communiqué pour l’instant.

Enfin côté prix, faudrait y aller maintenant car le prix de lancement est de 2600€ (3400€ dans le futur). C’est beau, technologique et cher.

Super73 : Côté style c’est soit on aime, soit on déteste. Moi j’aime bien. Clairement, ici il s’agit de vélo-moteurs, ils permettent de rouler sans pédaler par opposition au reste du Monde qui propose de l’assistance. Là, je m’éloigne de ma recherche technologique, ici aucune fonctionnalité du futur et pas d’app.

Une très bonne communication notamment sur Instagram a permis de fédérer une communauté à l’enthousiasme communicatif. Chez Super73 il existe plusieurs modèles de 1700€ à 3000€ et forcément les perfs varies en fonction du modèle.

Cowboy Bike : Le Cowboy est un vélo Belge au design plus classique notamment avec sa batterie visible sur le cadre. Cela étant, je trouve qu’il est réussi, assez sportif, technologique et soigné. La batterie est facile à retirer pour la charger plus facilement. Cowboy propose aussi une application qui transforme votre mobile en tableau de bord (et de clé pour verrouiller/déverrouiller le vélo).

Pour 1900€, il a un rapport design/prix très intéressant et des performances à la hauteur des trajets urbains.

Il débarque en France en juin.

Je ne sais pas encore si je vais craquer pour un vélo, je m’éclate déjà trop avec mon eskate mais les modèles ci dessus me font hésiter, en effet, le skate n’est pas compatible avec toutes les météos et ne permet pas tous les types de parcours. Pour faire simple, si je devais faire un choix là, ça serait un de ces 3.


Si jamais vous avez repérer d’autres marques chouettes n’hésitez pas à me faire signe ici ou sur Twitter.

Battle Royale : Entre business, records et gameplay

J’ai plus l’habitude de parler de jeux vidéo pour mettre en avant le plaisir du jeu ou la créativité des auteurs indés (comme pour Gris par exemple) mais aujourd’hui j’avais envie de vous présenter en quelques mots le phénomène Battle Royale.

Partez pas c’est intéressant !

Depuis 20 ans le monde du jeu vidéo connait des modes liées au jeu en ligne. De Counter Strike à World Of Warcraft, de Starcraft 2 à League of Legends, Call of Duty à Minecraft ou encore Hearthstone ou Overwatch. A noter que la catégorie a souvent été dominé par les géants Activision – Blizzard dont plus de la moitié des jeux que je viens de citer sont issus.

Depuis 2 ans, LA mode est un style de jeu, le Battle Royale.

L’idée est de mettre une centaine de joueurs dans un espace limité, généralement un ile, et de les pousser à s’éliminer en réduisant l’aire de jeu jusqu’à qu’il n’en reste plus qu’un survivant (ou une équipe survivante). Comme dans le film de 2000 (wikipedia) ou dans Hunger Games.

Le point de départ du phénomène est à mettre au crédit de Brendan Greene qui avait réalisé un mod (une modification) du jeu de guerre réaliste ARMA 2.
Le succès a été tel qu’une société Coréenne l’a alors contacté et nommé Directeur Créatif afin de créer un jeu basé sur son système de Battle Royale, le jeu sera nommé Playerunknown’s Battlegrounds, PUBG pour les intimes.

PUBG fait ses débuts en mars 2017 et il est très rapidement un succès. De nombreux streamers se lance dans le jeu et sur Twich les diffusions de parties de PUBG gagnent en succès. Aujourd’hui le jeu a été vendu à plus de 20 millions d’exemplaires et a connu des pics de 3 millions de joueurs connectés simultanément. Une league professionnelle de joueurs est même créé en 2018.

Mais au début de 2018, un nouveau jeu fait son apparition, Fortnite : Battle Royale. Lui aussi est un Mod mais un mod créé par Epic Games le créateur de Fortnite le jeu original dans le but de relancer l’attractivité du jeu qui n’a pas rencontré son public. Fortnite : Battle Royale est donc disponible gratuitement en téléchargement en septembre 2017 sur PC, Mac, PS4 et Xbox One. A noter que le jeu arrivera l’année d’après sur iOS, Android et sur Switch.

Le succès est depuis complètement dingue.

200 millions de joueurs inscrits et un nouveau record avec 10 millions de joueurs simultanées connectés aux serveurs du jeu. Autre chiffre record, les revenus générés par la vente d’objets virtuels et de danses de victoire en 2018 auraient dépassé les 1,5 milliards de dollars.

Dernier point chiffres, l’éditeur Epic Games consacre en 2019 la somme de 100 millions de dollars pour l’organisation et les récompenses à des tournois de Fortnite.

En février, tout le monde a été surpris de voir Nintendo annoncer son Battle Royale basé sur le célèbre Tetris. Comme dans Fortnite une centaine de joueurs commencent en même temps la partie et il ne doit en rester qu’un seul. Les armes sont ici remplacées par la capacité des joueurs à enchainer les lignes mais il est possible de cibler quel joueur adversaire subira les malus.

Le jeu est offert aux abonnés du service de jeu en ligne de l’éditeur avec donc là encore pour objectif de booster les inscriptions. Nintendo n’a pas communiqué sur le succès de l’opération pour l’instant.

Dernier bouleversement dans l’univers du Battle Royale avec la sortie surprise de Apex Legends. Edité par Electronic Arts (éditeur de tous les jeux de sports comme FIFA) et créé par Respawn Entertainment (créateurs de Call of Duty) le jeu est disponible gratuitement sur PC, Xbox et PS4.

Apex Legends reprend les codes du genre, les joueurs sautent d’un avion qui survole une ile, le chronomètre s’enclenche et la zone de jeu se réduit à un rythme régulier. Par contre, le jeu offre plusieurs particularités comme l’obligation de jouer en équipe de 3 joueurs qui doivent coopérer pour triompher.

Là encore les chiffres sont incroyables, le jeu, à la mi mars 2019, après 1 mois d’exploitation, dépasse la barre des 50 millions de joueurs inscrits. Le succès est mondial et si il repose sur la qualité et la gratuité du jeu, il faut saluer les équipes marketing de Electronic Arts qui ont maitrisé la sortie en créant la surprise et qui ont investi sur les streamers stars comme Ninja a qui ils auraient donné 1 million de dollars pour qu’il joue au jeu sur sa chaine Twitch.

Les jeux stars et payants comme Call of Duty ou encore BattleField sortent aussi leurs versions Battle Royale mais ils peinent à réunir les communautés du trio PUBG/APEX/Fornite.

Les questions qui se posent aujourd’hui sont d’abords de savoir si ce style de jeu va perdurer et si la lassitude ne va pas frapper les joueurs, reste qu’il faut leur proposer autre chose…

Enfin, la scène e-sport est bien sûr organisée sur tous ces jeux mais la difficulté d’en faire un contenu facile à retransmettre pourrait freiner son développement.

Enfin, le style de jeu Battle Royale est en train d’établir de nouveaux records qui affirment encore le poids du jeu vidéo dans l’industrie du loisir, toujours plus loin l’activité pour enfant et de plus en plus universelle.

Little Sophia : jouer à la poupée avec une IA [barbIA]

Vous connaissez sans doute Sophia, le robot humanoide qui a les faveurs de la presse et des institutions depuis 2/3 ans. Faut dire que c’est une réussite sur le plan technologique et un excellent moyen de voir comment notre futur pourrait être.

Hanson Robotics, le créateur de Sophia, a lancé il y a quelques jours une campagne Kickstarter (dont l’objectif est déjà atteint) pour financer Little Sophia.

La vidéo présentée par Sophia est extrêmement explicite : il s’agit d’une poupée/robot qui a pour vocation à utiliser l’IA pour réagir et interagir avec son propriétaire.

Les expressions sur le visage, l’apparence font penser à Sophia, Little Sophia est totalement un produit dérivé.

Vous avez surement entendu parlé du concept de « vallée de l’étrange » (uncanny valley) qui part du principe que plus on cherche à imiter la réalité en robotique plus notre cerveau voit les défauts et rejette la machine. Je pense que Sophia et Little Sophia sont de bons exemples dans la création de ce sentiment d’étrangeté.

Bien sûr Hanson a une approche scientifique et éducative. Little Sophia devrait arriver avec des outils pédagogiques pour permettre aux plus jeunes de s’initier à la robotique et à l’IA

Alors, prêt à dépenser 150$ pour vivre un peu dans le futur ? Moi, je vais surtout me décider à sortir Cozmo de sa boite pour voir ce qu’il peut faire 🙂