MegaUpload / SOPA / liberté : ça va pas être facile [EmpireStrikeBack]

A cette heure, vous savez tous que MegaUpload a été mis hors service par le FBI la nuit dernière. Première chose, hors service c’est vite dit parce que le site est toujours accessible via une IP (edit : j’ai enlevé l’IP, le temps d’être sûr que c’est pas une tentative de fishing/escroquerie), parce que les américains contrôlent l’ICANN qui contrôle les noms de domaine mais sur les IP, en l’état, ils peuvent pas faire grand chose. Sauf qu’ils ont voté SOPA/PIPA qui bientôt va leur permettre de filtrer. Mais d’un autre côté, il est toujours possible d’utiliser des moyens de contourner un filtrage.

La réalité est que l’industrie des biens culturels préfère dépenser des millions de $ en actions en justice, en lobbying pour faire peur à ses clients plutôt que de faire un effort sur son offre. Pourquoi se remettre en question ? Cette attitude à conduit à la création de megaupload & co, les industriels ont réussi à diaboliser le P2P qui était un échange entre personnes et donc créer de toute pièce l’empire Mega.

Mais il y a autre chose de grave. C’est que nos hommes politiques utilisent en retour les majors comme moyen pour faire passer des lois liberticides qui devraient (ils l’espèrent) leur permettre de reprendre le contrôle qu’internet leur a fait perdre. Parce que oui, les politiques n’aiment pas la liberté d’expression, la circulation libre de l’information, la culture pour tous et encore moins que tout le monde sache ce qu’ils font réellement.

Les américains donnent le signal, LE pays de la liberté censure, je pense que ça va donner pas mal d’idée aux 4 coins du monde. On a pas fini d’en parler en tout cas, ça c’est sûr…

MegaUpload, RapidShare, MegaVideo : du partage à l’industrialisation [P2PisDead]

Il y a un peu plus de 10 ans, les baladeurs mp3 faisaient timidement leur arrivée, les Personal Computers envahissaient nos salons, internet commençait à prendre de la vitesse et Napster popularisait le P2P.

A cette époque, l’idée était de partager du contenu, certes rarement légalement, mais c’était un échange entre individus peinards devant leurs écrans. La première industrie secouée par le phénomène est celle de la musique. Cette dernière a eu un réflexe d’une intelligence rare, plutôt que de développer une offre légale, avec des prix attractif, elle a inventé les DRM qui faisait en sorte que de payer pour de la musique devenait beaucoup moins pratique/confortable/logique que de la récupérer sur le réseau. Pendant ces 10 ans, on a pu voir que les industries de la musique, du cinéma et depuis peu du Livre n’ont toujours pas compris que si un produit ne se vend pas il y a 2 raisons de base : ça interesse personne ou le prix n’est pas adapté au marché.

Aujourd’hui en 2011, Numerama publie un article sur MegaUpload, RapidShare et MegaVideo où l’on apprend que ces sites reçoivent 21 milliards de visites par an. Et là, c’est à mon avis un peu le drame. Avant ces sites, le P2P faisait théoriquement perdre de l’argent aux Majors, aujourd’hui les sites de direct download génèrent des millions de dollars pour les propriétaires. Si demain j’étais à la tête d’un tel site, je pense que je mettrai moi même les blueray, les enregistrements vidéos, les albums sur ma plateforme car cela constitue son principal intérêt.

Les industries de la « Culture » sont un bel exemple de ce que l’on récolte en voulant résister bêtement au changement et à la révolution numérique. GG les gars !